Les compteurs vélos, à quoi ça sert ?

« Seuls comptent ceux qui sont comptés »

Comme le répète souvent le Club des Villes & Territoires Cyclables, « seuls comptent ceux qui sont comptés ». Un vélo, c’est par définition plutôt léger, rarement pris dans un bouchon et donc au final, peu visible. Les compteurs vélo, c’est un moyen d’objectiver la pratique cyclable sur un axe.

Les différents types de compteurs vélos

Il en existe plusieurs types avec principalement :

  • Les compteurs par tubes pneumatiques ; ils fonctionnent par impulsion. Légers, facilement déplaçables et peu chers, on en aperçoit régulièrement sur Tours. Néanmoins, ils ne peuvent être installés que sur un site propre aux vélos et sont parfois soumis au vandalisme.
  • Les comptages manuels ; ils peuvent être réalisés par tout un chacun par observation, mais également par enregistrement caméra. C’est une manière simple de compter les vélos mais qui ne se réalise généralement que sur quelques heures, à moins d’être extrêmement patient ou organisé [1].
  • Les compteurs piézoélectriques ; ils captent le passage des vélos grâce à des capteurs intégrés dans la chaussée
  • Les compteurs électromagnétiques, dont le fonctionnement est décrit ci-dessous.

Comment ça fonctionne ?

Sur le territoire de Tours, l’ensemble des compteurs permanents et semi-permanents sont des compteurs électromagnétiques. Des boucles à induction sont implantées dans la chaussées et alimentées en électricité par une batterie. Cela génère un faible champ électromagnétique qui est perturbé par le passage d’un véhicule. Le compteur analyse ensuite cette empreinte électromagnétique et détermine s’il s’agit d’un vélo ou non. Les compteurs peuvent ainsi être implantés sur des voies partagées avec les modes motorisés. L’ensemble du système est presque invisible et fonctionne en continue.

Où sont-ils placés ?

A Tours, les premiers compteurs ont été installés en 2016 et le parc s’est développé d’année en année selon une logique de coupures naturelles et urbaines. Les ponts de Loire, du Cher, les passerelles et tunnels constituent autant de passages obligés qui concentrent les flux vélos, par ailleurs plutôt diffus, et les rendent plus facilement observables. Tous les ponts circulables de la Loire sont équipés, ceux du Cher également à l’exception des passerelles Balzac et Fil d’Ariane. Des compteurs sont également présents sous l’autoroute au niveau du Quai de la Loire et du Point 0.

Carte de l'implantation des compteurs vélos de l'agglomération tourangelle. Extrait du site data.tours-metropole.fr, novembre 2020.
Carte de l’implantation des compteurs vélos de l’agglomération tourangelle. Extrait du site data.tours-metropole.fr, novembre 2020.

D’autres logiques ont également été adoptées, notamment la vision touristique ou plus largement la pratique de loisir avec la présence d’un compteur sur les bords de Loire au niveau de l’ObservaLoire et sur les bords de Cher au niveau du lac des Peupleraies.

Enfin, la mise en place récente d’un réseau transitoire a été accompagnée par l’installation de compteurs semi-permanents. Utilisant la même technologie que les compteurs permanents, à la différence que les boucles et/ou les compteurs ne sont pas forcément enterrés, et qu’ils ont vocation à être déplacés autant que de besoin. Des compteurs de ce type ont ainsi été installés sur le boulevard Charles de Gaulle à Saint-Cyr-sur-Loire, sur le Pont d’Arcole et sur la rue de Joué à Chambray-lès-Tours.

Données issues du compteur vélos du pont Wilson à Tours, de 2016 à 2020.
Données issues du compteur vélos du pont Wilson à Tours, de 2016 à 2020.

Quelle utilisation ?

Au final, à quoi servent ces données ? Tout d’abord, à de la pédagogie !

« Il n’y a aucun vélo qui utilise cet aménagement » ou « Les vélos vont disparaître avec l’arrivée de l’hiver » sont autant de constats facilement opposés, ou du moins nuancés, avec les compteurs. La détection en continue permet de connaître l’évolution de la pratique selon les heures de la journée, les jours de la semaine ou les saisons de l’année. Les données sont d’ailleurs disponibles en OpenData sur le site de Tours Métropole Val de Loire tous les mois.

Les données sont bien sûr très utiles aux pouvoirs publics pour avoir une meilleure compréhension de la pratique vélo de manière générale. Elles permettent de se comparer dans le temps et dans l’espace. Dans le temps car il est possible d’analyser les évolutions d’une année à l’autre, de comparer les dates de passage de paliers symboliques (500 000 vélos en 2019 pour le pont Wilson [2] ), etc. Dans l’espace grâce à la plateforme Nationale de Fréquentation sur laquelle remontent les compteurs de Tours parmi les plus de 800 qui y sont partagés de toute la France.

En somme, les compteurs vélos fournissent des données qui permettent d’alimenter une connaissance partagée de cette pratique. Et pour finir cet article comme il a commencé, à savoir une citation inspirante, puisque « le vrai pouvoir, c’est la connaissance » (Francis Bacon), alors espérons que les compteurs vélo permettent aux cycliste d’en avoir un peu plus.

Données issues du compteur vélos du pont Wilson à Tours, de novembre 2019 à octobre 2020.
Données issues du compteur vélos du pont Wilson à Tours, de novembre 2019 à octobre 2020.

Le totem ou l’art de donner de la visibilité à la pratique cycliste

Puisse l’agglomération tourangelle s’équiper un jour de totems associés à des compteurs…


[1] À Bordeaux, Vélo Cité l’a fait de 6h à 2h sur le pont de Pierre.

[2] Plateforme Nationale de Fréquentation, en faisant la somme des compteurs.

Pour aller plus loin