Agression d’un cycliste à Paris : assez de paroles, l’État doit enfin protéger les cyclistes

Combien faudra-t-il encore d’agressions avant que l’État protège réellement les cyclistes ? Un cycliste a été grièvement agressé à Paris, poignardé au cou après un différend routier. Ce drame suscite l’effroi. Mais il ne peut pas seulement susciter l’émotion.

Pour les cyclistes, la violence motorisée n’est pas exceptionnelle : elle est quotidienne. Menaces, insultes, frôlements volontaires, intimidations, mises en danger… Ces violences traduisent une réalité connue, documentée, signalée depuis des années.

Depuis le meurtre de Paul Varry, les alertes se multiplient. Le rapport remis au Gouvernement en avril 2025 formule des recommandations précises. La FUB porte des propositions concrètes. Désormais, l’État ne peut plus dire qu’il ne sait pas.

La FUB demande :

  • des plaintes systématiquement reçues et suivies ;
  • des sanctions immédiates contre les auteurs de violences motorisées ;
  • une formation renforcée ;
  • des aménagements cyclables réellement protecteurs ;
  • un comité interministériel de suivi, avec un calendrier public.

Les cyclistes n’ont pas besoin d’hommages après chaque drame. Ils ont besoin de décisions, de protection, de justice et d’un État qui assume enfin son rôle face aux violences motorisées.

Lire le communiqué de presse de la FUB

Paris, le 26 août 2026

La Fédération française des Usagères et Usagers de la Bicyclette (FUB) exprime sa colère après l’agression d’une extrême gravité d’un cycliste à Paris, poignardé au cou à la suite d’un différend routier. Cette violence insupportable n’est pas un simple « fait divers » : elle s’inscrit dans un continuum d’agressions, de menaces, d’intimidations et de mises en danger que subissent chaque jour celles et ceux qui se déplacent à vélo.La FUB adresse tout son soutien à la victime, à ses proches et aux témoins. Mais elle refuse que l’émotion retombe une fois encore sans décisions concrètes. Les cyclistes n’ont pas besoin de compassion ponctuelle : ils ont besoin de protection, de justice et d’un État qui assume enfin son rôle face aux violences motorisées.

Les violences motorisées ne sont pas une fatalité : elles sont le résultat de choix politiques insuffisants

Depuis le meurtre de Paul Varry, les témoignages se sont multipliés : insultes, queues de poisson, refus de priorité, frôlements volontaires, menaces physiques, agressions. Cette réalité n’est pas marginale : plus de 75 % des cyclistes en ont déjà été victimes au cours des 12 derniers mois. Elle révèle une culture routière qui permet encore trop souvent des comportements de domination et d’intimidation dans l’espace public.

La FUB l’a rappelé dans sa campagne « Stop aux violences motorisées » : il faut changer les comportements, mais aussi changer les aménagements. Tant que les rues laisseront les cyclistes exposé·es aux conflits avec les véhicules motorisés, tant que les plaintes seront trop souvent découragées ou minimisées, tant que les conducteurs dangereux pourront reprendre la route sans conséquence rapide, les drames continueront.

Le rapport « Prévenir les violences et apaiser les tensions pour mieux partager la voie publique », remis au Gouvernement en avril 2025 par Emmanuel Barbe, formule 40 recommandations, dont 18 prioritaires. Il pose un diagnostic clair et formule des pistes précises pour prévenir les violences et apaiser les tensions dans l’espace public. Désormais, l’État ne peut plus dire qu’il ne sait pas. Il sait. Il a les constats, les propositions et les alertes du terrain. Ce qui manque, c’est la décision politique.

La FUB exige des actes immédiats
  • Le renforcement de la formation, de la prévention et du contrôle-sanction, notamment pour mieux faire connaître les droits des cyclistes et former les forces de l’ordre à la réalité des violences motorisées.
  • Une instruction nationale claire aux forces de l’ordre et aux parquets pour que les plaintes des victimes de violences motorisées soient systématiquement reçues, qualifiées et suivies.
  • Le recours plus systématique à des sanctions administratives immédiates, notamment la mise en fourrière et la suspension temporaire du permis de conduire, pour les auteurs de violences motorisées.
  • L’ajout d’un « module vélo » à la formation au permis de conduire ainsi qu’à la formation initiale et continue des conducteurs et conductrices de bus, répondant aux enjeux de cohabitation, de sécurité et d’harmonie entre les usager·ères sur la route.
  • Un plan massif de sécurisation des aménagements cyclables, avec priorité aux intersections, aux axes accidentogènes et aux lieux où les conflits d’usage sont connus.
Un comité interministériel de suivi, maintenant

La FUB demande la création immédiate d’un comité interministériel de suivi associant les ministères chargés des Transports, de l’Intérieur, de la Justice, de l’Éducation nationale, de la Santé et des Collectivités territoriales, ainsi que les associations d’usagères et d’usagers. Ce comité doit avoir un mandat clair : mettre en œuvre les recommandations du rapport Barbe et les propositions de la FUB, fixer un calendrier public, publier l’avancement des mesures et rendre compte régulièrement des résultats.

« Les cyclistes ne veulent plus être les variables d’ajustement d’un espace public pensé trop longtemps pour la vitesse et la domination motorisée. Nous ne demandons pas des hommages après chaque agression : nous demandons des décisions avant les prochains drames. Le Gouvernement dispose du rapport Barbe, des remontées du terrain et de propositions concrètes. S’il n’agit pas maintenant, il portera sa part de responsabilité dans la répétition de ces violences », conclut Céline Scornavacca, co-présidente de la FUB.

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