Carburants : et si la solution passait aussi par le vélo du quotidien

À chaque hausse des prix, c’est la même injustice : des millions de ménages paient, faute d’alternatives. Dans les territoires ruraux et périurbains, se déplacer n’est pas un choix : c’est une dépense contrainte qui peut devenir insoutenable. La Fédération française des Usagères et Usagers de la Bicyclette (FUB) appelle le gouvernement à sortir des aides ponctuelles : il faut garantir un droit réel à la mobilité abordable. Cela passe par des alternatives concrètes, accessibles et durables. Le vélo en est une, immédiatement mobilisable.

Constat : la dépendance à la voiture enferme et appauvrit

Aujourd’hui, dans les communes rurales et périurbaines, plus de 70 % des habitants n’ont pas réellement le choix entre plusieurs modes de transport (Cour des comptes, avril 2025). Quand il n’y a ni offre organisée ni infrastructures sûres, la voiture nourrit une facture sociale et territoriale : jusqu’à 21 % du budget des ménages ruraux consacré aux déplacements (INSEE), 1 Français sur 4 a déjà refusé un emploi faute de solution de transport et 30 % des jeunes ruraux ont déjà renoncé à se rendre sur leur lieu d’étude (Cour des comptes, 2025).

Et cette fragilité va durer : les tensions énergétiques et pétrolières ne disparaitront pas par un simple décret.

Pouvoir d’achat : des économies immédiates possibles pour les ménages

Le vélo est une solution économique : il permet jusqu’à 3 500 euros d’économies par an et par foyer (UFC-Que Choisir, étude avec la FUB et partenaires). Le vélo à assistance électrique peut éviter l’usage – voire l’achat – d’une deuxième voiture pour de nombreux ménages. En effet, le vélo peut réduire rapidement la dépendance à la voiture, en complément des autres solutions. Une réalité est trop souvent ignorée : la moitié des trajets du quotidien font moins de 5 km, y compris dans les territoires peu denses. Vélo classique, vélo à assistance électrique, intermodalité avec le train ou le bus : ces solutions couvrent une grande part des besoins (trajets domicile-travail, école, commerces, services).

Finances publiques : investir dans le vélo, c’est investir utile

Aménagements cyclables sécurisés, stationnement, apprentissage : les investissements vélo sont modestes au regard d’autres politiques de mobilité et produisent des effets positifs rapides. C’est une politique de co-bénéfices (pouvoir d’achat, qualité de l’air, congestion, autonomie, vitalité locale) et de santé publique : 1 km parcouru à vélo représente environ 1 euro de coût social évité. Partout en France, le vélo gagne du terrain, notamment dans les territoires moins denses où la fréquentation cyclable a augmenté de 22 % depuis 2019 selon la Plateforme Nationale des Fréquentations. Pourtant, dans les mesures annoncées face à la hausse des carburants, le vélo reste absent ou marginal. Et le Plan vélo et marche 2023-2027 a été revu à la baisse. Sans sécurité, pas de report modal supplémentaire : le Baromètre vélo 2025 indique que 64 % des répondant·es jugent mauvaises les conditions de circulation à vélo.

Ce que demande la FUB : une réponse à la hauteur des défis

La FUB appelle le gouvernement à intégrer pleinement le vélo dans les réponses à la crise du coût de la mobilité, autour de trois priorités :

  • Relancer immédiatement un Plan vélo ambitieux, doté de moyens renforcés, pour déployer des itinéraires cyclables continus et sécurisés, y compris en réutilisant intelligemment les voiries existantes.
  • Faire du vélo un allié des transports collectifs : stationnements vélos sécurisés en gares et pôles d’échanges, continuités cyclables vers les arrêts, intermodalité facilitée.
  • Renforcer et cibler les aides à l’acquisition d’un vélo à assistance électrique pour les ménages modestes, afin que l’alternative soit réellement accessible, y compris pour des trajets plus longs ou vallonnés. Par exemple, certaines municipalités proposent une subvention pour les personnes qui abandonnent leur voiture au profit d’un vélo électrique.

« Face à la hausse des prix, cessons de subir. Il ne s’agit pas d’opposer la voiture au vélo mais de maintenir la possibilité à se déplacer pour les personnes pour lesquelles la voiture n’est pas une option ! Le vélo du quotidien est une réponse simple, utile, immédiatement mobilisable. C’est bon pour les ménages, bon pour les territoires, bon pour les
finances publiques.
» Céline Scornavacca, co-présidente de la FUB.

Source : FUB, mai 2026.